--> Ancienne église des Jésuites - Cath-Ajoie

Ancienne église des Jésuites

Construction et dédicace

Construction: 1597-1604
Dédiée à: Notre-Dame de l'Assomption (aujourd'hui désacralisée)

Historique

Les Jésuites furent appelés par Jacques-Christophe Blarer de Wartensee et fondèrent le collège en 1591. Les bâtiments dans leur ensemble ont été construits entre 1597 et 1607 par Nicolas Frick, d'Ulm : on manque de précisions sur un hypothétique premier édifice de 1592, par Anton Isenmann, maître lombard venu de Lucerne. Ouverture du séminaire des prêtres en 1716 et d'une faculté complète de théologie en 1760. Le couvent bénéficiait d'une imprimerie et assembla une importante bibliothèque (aujourd'hui Fonds ancien de la Bibliothèque cantonale jurassienne).               
A la suite de la suppression de la Compagnie de Jésus en 1773, les religieux se réunirent en une communauté de prêtres séculiers et continuèrent leur enseignement. Ecole centrale sous le Régime français, puis école cantonale, école normale d'instituteurs et école primaire. On choisit pour la construction de ces bâtiments un terrain plat, l'ancien chantier de la ville, hors les murs, sur le point le plus élevé au sud de la cité, ce qui nécessita le remblayage des fossés, la démolition de deux tours, l'extension des ouvrages de défense par une nouvelle enceinte de la ville, rattachée à l'église et au couvent, et l'érection d'une nouvelle tour d'angle au sud-ouest (tour du Séminaire).              
L’ancienne église des Jésuites, dédiée à l’Assomption de la Vierge Marie était également l’église de la cour épiscopale, aujourd'hui aula du Lycée cantonal. L'église, ornée d'importants stucs du premier baroque, offre un exemple typique des traditions architecturales de l'ordre. Bâtiment de style gothique tardif par Nicolas Frick, d'Ulm, de 1597 à 1604. Après la Guerre de Trente Ans, transformation dans un esprit baroque de 1678 à 1680, sous le prince-évêque Jean-Conrad de Roggenbach (architecte inconnu, peut-être celui de l'ordre, François Demes): décor exécuté par huit stucateurs de l'école de Wessobrunn, venant de Soleure, et dirigés par Michael Schmutzer, qui travaillait également à l'église d'Oberdorf (Soleure); puis, décor figuratif en stuc vers 1717/20, attribué aux disciples de Franz Schmutzer, de Wesso-brunn.  
Tour de 1701/03 sur des soubassements plus anciens.          
A l'époque de la Révolution française, l’église devient « Temple de la Raison » puis est rendue au culte de 1858 à 1874.

Pose d'un entresol en 1882, aménagement d'une bibliothèque et d'une salle de gymnastique, destruction des stucs dans la partie inférieure; transfert des tombes des princes-évêques à l'église St-Pierre entre 1895 et 1898.

Suppression de l'entresol et reconstitution de la tribune lors de la restauration globale en 1962/65 par Alban Gerster.

Eléments de style gothique tardif à l'entrée et au sud, témoins d'un sobre bâtiment initial. Celui-ci était surmonté d'un campanile en bois, détruit en 1645.

Une tour plus haute, destinée à surmonter le massif inférieur à voûte en berceau brisé, ne fut pas réalisée. Les transformations de 1678/80 entraînèrent un agrandissement du choeur, une augmentation du nombre des emplacements d'autels, une modification des tribunes et des sacristies, et un nouveau système de fenêtres (en plein-cintre au lieu de baies ogivales à remplage); le plafond à caissons orné d'arabesques polychromées fut recouvert d'un plafond en plâtre et les décorations baroques aux parois furent en grande partie blanchies (décorations des autels, encadrements des éléments architecturaux, guirlandes de fruits, etc.). Des dessins architecturaux en trompe-l'oeil, esquissés dans les panneaux du plafond (signés Schluop, 1679), sont demeurés inachevés. La restauration du bâtiment a fourni de nombreuses informations sur la préparation artisanale des décors en stuc.

Extérieur : Nef à plan rectangulaire légèrement conique à cause du tracé des remparts et des fossés; tournée vers le sud, elle est éclairée par des fenêtres en plein-cintre élancées. A gauche de l'entrée, élément du mur d'enceinte. Corps d'entrée rectangulaire décentré vers la droite, caractérisé par deux ouvertures cintrées et un appareil à refends de style Renaissance tardive appliqué aux deux niveaux inférieurs; au-dessus s'élève une tour octogonale effilée, avec fenêtres en plein-cintre et dôme bulbeux. Le chevet, droit, est percé de deux oeils-de-boeuf; à la hauteur des combles, trois petites fenêtres cintrées. Fenêtres grillagées avec guichet en bois, reconstituées.

Intérieur : Le corps de porche s'ouvre à l'intérieur par un portail gothique tardif flanqué d'un escalier en colimaçon donnant accès à la tribune. De larges piédroits séparent la nef du choeur qui représente les 2/5 du bâtiment. De chaque côté de la nef et du choeur, trois pilastres composites reprennent le rythme des fenêtres; une septième paire analogue encadre l'arc triomphal. Ces pilastres supportent de larges corniches et de vigoureuses consoles en surplomb, qui ne sont continues que sur les anciens autels latéraux et l'arc triomphal. Au-dessus, des niches en plein-cintre agrémentées d'une conque abritaient des statues de saints (aujourd'hui à l'église St-Germain); un étroit entablement à ressauts surmonte le tout. Entre les pilastres, panneaux, cartouches et encadrements de fenêtres se succèdent avec exubérance. Fenêtres aveugles du côté ouest. Particularités des stucs: acanthes et volutes, guirlandes et pendentifs de fruits, frises de laurier, de palmettes ou de feuilles stylisées, quelques têtes d'anges. Au plafond, des panneaux de différentes formes présentent des scènes d'une plasticité moins affirmée (vers 1720); du nord au sud: les Apôtres devant le tombeau vide de la Vierge; Assomption de la Vierge, d'après Murillo; Couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité; dans le choeur, Annonciation et, dans les angles, médaillons ronds à l'effigie des Evangélistes. Dans le choeur également, épitaphes (en calcaire, en mar­bre et en stuc) à la mémoire des princes-évêques Jacques-Christophe Blarer de Wartensee (mort en 1608) et Jean-Conrad de Roggenbach (mort en 1693), oeuvres de Henri et Jacob Graber, de Thann. Orgues de 1984, par Jürgen Ahrend.

Informations tirées en majeure partie de cet ouvrage : Berthold, Marcel, Arts et monuments. République et Canton du Jura, Ed. Bugra Suisse 1989

Affectation actuelle

Aula du Lycée Cantonal

Adresse

Place Blarer-de-Wartensee, 2900 Porrentruy, GPS 47.414174, 7.076425

Ce site utilise des cookies à des fins de statistiques, d’optimisation et de marketing ciblé. En poursuivant votre visite sur cette page, vous acceptez l’utilisation des cookies aux fins énoncées ci-dessus. En savoir plus.